Le Christ philosophe

Essai

 

Présentation

Pourquoi la démocratie et les droits de l’homme sont-ils nés en Occident plutôt qu’en Inde, en Chine, ou dans l’Empire ottoman ? Parce que l’Occident était chrétien et que le christianisme n’est pas seulement une religion. Certes, le message des Evangiles s’enracine dans la foi en Dieu, mais le Christ enseigne aussi une éthique à portée universelle : égale dignité de tous, justice et partage, non-violence, émancipation de l’individu à l’égard du groupe et de la femme à l’égard de l’homme, liberté de choix, séparation du politique et du religieux, fraternité humaine. Quand, au IVe siècle, le christianisme devient religion officielle de l’Empire romain, la sagesse du Christ est en grande partie obscurcie par l’institution ecclésiale. Elle renaît mille ans plus tard, lorsque les penseurs de la Renaissance et des Lumières s’appuient sur la ” philosophie du Christ ” selon l’expression d’Erasme, pour émanciper les sociétés européennes de l’emprise des pouvoirs religieux et fonder l’humanisme moderne. Frédéric Lenoir raconte ici le destin paradoxal du christianisme – du témoignage des apôtres a la naissance du monde moderne en passant par l’Inquisition – et nous fait relire les Évangiles d’un œil radicalement neuf.

 

Traductions

Corée : YEONAMSEOGA Publishing Co.
Espagne : EDITORIAL ARIEL
Grèce : EDITIONS POLIS
Italie : GARZANTI LIBRI S.r.l
Japon : NIGENSHA
Japon : TRANS VIEW
Pays-Bas : UITGEVERIJ TEN HAVE
Portugal : CALEIDOSCOPIO

 

Ce que la presse en dit

Portrait de Frédéric Lenoir dans l’Express du 6 mars 2008

Le touche-à-tout de Dieu, par Christian Makarian

Frédéric Lenoir s’est imposé comme le spécialiste des religions. Plus cathodique que catholique, il multiplie les best-sellers. Itinéraire d’un grand consensuel.
En théologie, cela s’appellerait l’ubiquité, le don d’être à plusieurs endroits à la fois. Pur produit de son époque, Frédéric Lenoir, 45 ans, saute d’un plateau de télévision à un studio de radio, en passant par la rédaction du Monde des religions. Entre-temps, la nuit ou le week-end, il aura écrit quelques dizaines de pages de son prochain best-seller. Pas facile d’être un bobo baroudeur, un esthète exégète, un médiateur du mysticisme et de gérer les retombées de la vaste congrégation dont ce pédagogue oecuménique porte les espoirs, la «communauté des frères et soeurs du désert spirituel». Avec son sac à dos et son blouson de cuir, frère Frédéric tient le pari. C’est l’investigateur du surnaturel, le zappeur métaphysique aux croyances floutées. Cafard ou Capharnaüm, pathos ou Athos, nirvana ou Kama-sutra, il a réponse à tout. Normal, il bûche sans cesse depuis qu’il est sorti de l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) auréolé d’une thèse sur le bouddhisme. Pour étancher la soif d’absolu d’un siècle sans idéal, il scrute moins les étoiles, de son regard bleu ciel, qu’il ne compulse les traités pour révéler des vérités essentielles, celles qui font du bien.
Ne cherchez pas, il n’y a pas de recette Lenoir; il y a une recherche de la vérité tous azimuts qui le rapproche de tous ses contemporains. D’où un véritable plébiscite parmi les fans du parareligieux comme ceux du paranormal. Son livre de confessions avec l’abbé Pierre a dépassé les 280 000 exemplaires; son décryptage du Da Vinci Code (écrit avec Marie-France Etchegoin) a atteint les 300 000; sans compter Mal de terre, dialogue avec Hubert Reeves, qui a frisé les 150 000, et La Promesse de l’ange, roman traduit en 20 langues, qui a culbuté les 300 000. En guise de consécration, ce fils d’un ancien secrétaire d’Etat à l’Action sociale de Valéry Giscard d’Estaing (auteur d’une noble loi d’orientation en faveur des personnes handicapées), a été nommé, en 2004, directeur de la rédaction du Monde des religions, bimestriel qu’il a su porter de 30 000 à 70 000 exemplaires. Pour mettre à l’épreuve la parabole des talents, il a publié récemment un essai ambitieux, Le Christ philosophe (Plon), qui démontre la modernité du message de Jésus. Enfin il s’est lancé dans la BD et, depuis peu, dans le théâtre. Sa première pièce aura pour cadre un huis clos entre un rabbin, un prêtre, un bonze et un imam. «J’y ai mis beaucoup d’humour et de bonne humeur», confesse-t-il.
Si Frédéric Lenoir réussit si bien, c’est parce qu’il ne joue pas la comédie. Sa quête personnelle coïncide avec celle de ses lecteurs. Il bouscule les vieilles barbes du milieu religieux et autres «pisse-copie de l’épiscopat» en leur imposant sa barbe du troisième jour, look tendance. Résultat, on ne se rase plus quand on parle de foi. Un de ses collègues, Jean-François Colosimo, directeur de CNRS Editions et auteur d’un essai érudit, L’Apocalypse russe. Dieu au pays de Dostoïevski (Fayard), explique son succès par une aptitude particulière: «Il n’est pas dans l’identification, il est dans la circulation. Il renvoie des images profondes sans forcer personne à s’engager: c’est un tisseur de liens.» Qu’il pleuve ou qu’il vente, Frédéric Lenoir, qui sait combien la chair est faible, écrit deux livres par an, au prix d’une certaine discipline: il passe trois jours par semaine à Paris et quatre autres non loin de Fontainebleau, dans sa maison de campagne, coupé de tout. Il faut bien cela pour être grand reporter de l’au-delà.