Quand :
24 décembre 2012 @ 20 h 10 min – 21 h 15 min
2012-12-24T20:10:00+00:00
2012-12-24T21:15:00+00:00

Rediffusion de l’émission du 24/12 – 17h48

La fin du monde n’a donc pas eu lieu. Mais n’assistons-nous pas à la fin d’un monde ? La fin du monde tel que nous le connaissons ?
Quel sera le monde de demain, avec ses 9 milliards d’habitants, sa pollution, ses ressources raréfiées, son dérèglement climatique, ses nouveaux équilibres géopolitiques ? A quoi devons-nous nous préparer à faire nos adieux ?

La supposée fin du monde prédite par les Mayas le 21 décembre 2012, qui a tenu une large part dans les conversations et les médias ces dernières semaines, n’a finalement pas eu lieu. Pourtant, notre monde connaît – et connaitra encore plus dans les prochaines décennies – de tels bouleversements que l’on peut parler de fin d’un monde.

Les services de renseignement américains rendent un rapport tous les quatre ans sur leurs prospectives géopolitiques, économiques, démographiques, technologiques, etc. Pour 2030, le National Intelligence Council (NIC) envisage des événements aussi peu réjouissants qu’une pandémie dévastatrice, un changement climatique plus rapide que prévu, une guerre nucléaire ou une tempête solaire. Le développement du cyberterrorisme n’est pas non plus à exclure. Le rapport prévoit un rééquilibrage des forces économiques et géopolitique, du fait de l’investissement militaire et technologique de l’Asie qui dépassera celui de l’Europe et de l’Amérique du Nord. En 2030, la Chine sera la première puissance mondiale, mais l’Inde l’aura dépassée en population. Chaque jour, on compte environ 232 000 habitants de plus sur la planète. On estime qu’en 2050, nous devrions être 9 milliards sur Terre, dont 70 % de population urbaine.

La Terre pourra-t-elle, sans en pâtir davantage, tous ces humains ? « L’augmentation de la population mondiale devrait se stabiliser d’ici 2070, et nous serons en mesure de nourrir tout le monde, à condition que l’humanité ne suive pas le modèle de consommation des pays développés », d’après Hervé Guyomard, directeur scientifique à l’Institut national de recherche agronomique (Inra). Par contre, la Terre pourrait supporter 12 milliards d’humains ayant le niveau de vie des Africains ou des Indiens. Les 5,5 milliards d’habitants des pays pauvres ont un impact beaucoup plus faible sur la planète que le milliard d’habitants des pays riches.

Et comment communiqueront ces femmes et ces hommes ? Début 2012, il y avait 2,3 milliards d’internautes dans le monde, soit plus d’un tiers de la population de la Terre. Pour ce qui est du nombre d’abonnements au cellulaire mobile, il a augmenté de plus de 600 millions dans le monde l’an passé, pour atteindre un total de près de 6 milliards, soit 86 abonnements pour 100 habitants. Dans quatre ans, selon le groupe américain Cisco, spécialisé dans les routeurs pour l’Internet, il y aura plus d’appareils sans fil connectés à Internet que d’êtres humains sur la Terre.

Avec :

Gérard-François Dumont – Professeur de géographie à l’université de Paris-IV-Sorbonne et président de la revue Population & Avenir. Ancien recteur d’académie et ex-membre de section du Conseil économique et social, Gérard-François Dumont est vice-président de l’Académie géopolitique de Paris. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Les territoires face au vieillissement en Europe, avec Dominique Argoud, Roger Belot et Pierre Boquet, et La population de la France, des régions et des DOM-TOM, parus chez Ellipses. Il a également publié, chez Sedes, Géopolitique de l’Europe, co-écrit avec Pierre Verluise. Son dernier livre, édité en 2012 par Armand-Colin, s’intitule Diagnostic et gouvernance des territoires.

Philippe Dessertine – Professeur de finances à l’université Paris X-Nanterre, Directeur de l’institut de haute finance à l’Institut français de gestion, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Le monde s’en va-t-en guerre, La décompression, et Le gué du tigre, tous trois édités chez Anne-Carrière en 2010, 2011 et 2012. Sous la direction de Jean-Louis Chambon, il a collaboré à l’écriture de Rigueur ou relance ?, publié aux éditions Eyrolles en 2011.

Bruno Parmentier – Directeur du groupe Ecole Supérieure d’Agriculture (ESA). Ingénieur des mines et économiste, Bruno Parmentier est l’auteur de Nourrir l’humanité, publié aux éditions La Découverte en 2009.

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